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félicité

J’ai trop de problèmes de sommeil pour être créative. Pas assez d’énergie. Mais ce n’est pas grave. Je –

fais brûler des bougies, cours avec le chien, m’allonge dans l’herbe pour regarder les étoiles, prends le temps de cuisiner, passe du temps avec les gens que j’aime, bois du thé, re-regarde mes séries préférées, fais des projets, ris, écoute de la musique, prends le van juste pour une nuit en forêt, exprime ce dont j’ai besoin, m’emmitoufle dans un pull chaud et doux les soirs plus frais, danse dans la cuisine, nettoie les blessures du chat, le sermonne, lui fais des câlins, observe les oiseaux, cueille des fleurs, chante, pleure, cours dans le lac, prends le temps, lis, planifie des voyages, apprends à dire non, rêve, passe des soirées sur ma terrasse, relis Ressac, serre Nuage contre moi, teins mes jeans, saute dans les flaques, apprécie les marguerites qui poussent dans mon gazon, vais au cours de yoga, nourris le corbeau, m’offre de magnifiques chaussures, me laisse surprendre, sors les décorations d’automne, me promène main dans la main avec mon amoureux, compte les escargots les jours de pluie, regarde mes plantes grandir, me trouve une coiffeuse merveilleuse, souris sous le soleil, me maquille, m’allonge dans le sauna, teste des recettes, mets mon pyjama pour écouter le bruit de la pluie, fais du thé froid et l’oublie au frigo, le bois quand même, m’assieds au bord de la rivière, réécoute de vieilles chansons, me prélasse dans mon lit, fais des listes, fais des siestes, découvre, explore, espère, change.

Et surtout –

Pour la première fois depuis ma tentative de suicide, je pense que –

Je suis contente d’avoir « raté ». Je suis contente d’être toujours là. De pouvoir vivre ces moments. D’avoir rencontré ces gens.

Rien n’est parfait. Mais je suis à ma place.

Enfin.

ressassement

Juste après avoir annoncé que j’allais me servir de ce blog comme suivi pour mes lectures, j’ai arrêté de lire.

Au lieu de lire dans le bus, je joue à Cozy Grove. Ce qui est totalement OK, c’est simplement que ça me donne l’air moins intellectuelle (et on s’en fout). Je joue, je binge-watch des séries, et j’essaye de calmer les angoisses.

Mon humeur est complètement partie en sucette avec mon changement de contraception, j’ai l’impression d’être vaguement en train de reprendre le dessus. Après plusieurs semaines à dissocier en février à cause de mes troubles du sommeil, il y a eu un vague de mieux qui s’est rapidement cassé la figure. Et je suis fatiguée. Je suis fatiguée de me faire balloter dans tous les sens par des médicaments qu’on me prescrit et qui ne sont pas adaptés.

Mon état me force à ressasser énormément de choses, je pense beaucoup à des gens qui ont disparu dans les méandres de l’Internet alors qu’iels étaient si important·es pour moi à une époque. S, pourquoi n’as-tu jamais achevé l’écriture de ton roman ? P, es-tu seulement encore en vie ? Où êtes-vous ? Ca me semble fou, que ces personnes que j’ai connues en ligne à travers leur blog aient disparu. Elles qui étaient hyperconnectées, qui avaient plusieurs adresses MSN et plusieurs blogs à la fois, comment ont-elles pu ne laisser aucune trace ? Je ne sais pas pourquoi je m’accroche tant à ces souvenirs. Même si je les retrouvais, je leur dirais quoi ? On a plus rien à se dire.

transissement

J’ai envie d’écrire les mêmes choses que celles que j’écrivais il y a une année. L’impression que rien n’est réel. Angoisse permanente. Impression de flotter. Brouhaha constant dans ma tête.

Est-ce que c’est saisonnier ? Est-ce que c’est cyclique ? Est-ce juste un hasard qui veut que cela tombe à la même période qu’en 2023 ? Que dois-je faire ? Qu’ai-je fait l’année dernière pour que ça passe ? Est-ce que c’est passé ou était-ce juste dormant ?

Je n’arrive plus à respirer.

temporisation

J’avais entamé cette note en annonçant que j’avais perdu mon rythme de lecture, mais en listant les ouvrages lus depuis le 15 novembre… 8 livres en 2 mois, ça reste une moyenne tout à fait correcte. Encore une fois, je me juge un peu trop durement.

J’ai lu La Ricarde (sympa, sans +), Jim (prêté par une très chouette collègue), Le Paon (une tuerie), Nuits blanches en Oklahoma (mouais), Douze jours sans toi (que j’ai failli abandonner tellement j’ai détesté), 1910 – Le géant désarçonné et 1923 – Bien le bonjour de la ficelle (qui m’ont beaucoup plu, contrairement à ce à quoi je m’attendais) puis je suis passée à Millenium 1, qui m’a été offert il y a une dizaine d’années et que je n’avais jamais terminé malgré trois tentatives. J’ai très douloureusement passé la première moitié, qui m’a pris près d’un mois, avant d’enfin accrocher et dévorer la fin (enfin presque, il me reste 60 pages à lire dans le bus tout à l’heure). Je ne sais pas ce que je lirai ensuite… J’ai (inconsciemment mais évidemment) laissé les livres qui me demandent un plus grand effort pour la fin.

Ce qui est ennuyeux, dans tout ça, c’est que lire ne m’inspire pas à écrire. Je n’arrive pas à me lancer dans les méandres de Maelström 3, malgré l’envie, malgré les chouettes personnages, malgré la perspective de retrouver mon personnage-chéri, de pouvoir profiter un peu plus de lui… J’ai la triste impression de ne plus être capable d’inventer des choses.

Le début d’année a été un délicieux mélange de dépression saisonnières mêlé à mon SPM et je n’ai pas fait grand chose. Le rebranding de Paréidolie en l’Etrange Boutique devait me remotiver, mais non. J’ai préparé quelques articles, j’espère réussir à faire une release début février. On prend le temps, on ne se stresse pas, on est indulgent et on se rappelle que s’occuper d’un bébé chien, ça prend du temps. J’ai cette tendance à vouloir toujours tout précipiter, tout faire en même temps, tout faire tout de suite et je crois que c’est ma principale source de démotivation. Ne pas réussir à être sur tous les fronts en même temps.

bibliomanie

Il semblerait que ce blog va me servir de suivi pour mes lectures durant quelques temps. Ca me rassure d’avoir une trace quelque part, moi qui ai tendance à si vite oublier ce genre de choses.

Depuis le dernier article, j’ai donc lu L’heure des taureaux, qui m’a très agréablement surprises, avec des rebondissements bien placés, une fin ouverte juste comme il faut… Je n’en attendais pas grand chose, le résumé ne me disait rien, à vrai dire je ne l’avais même pas commandé. J’avais demandé un autre livre à Olivier, mon éditeur, mais il ne l’avait pas en stock et m’a amené celui-là à la place. Ca partait mal, mais je suis très reconnaissante qu’il me l’ait refourgué. J’ai ensuite attaqué Pas de bougie bougie, suivi de Shakesqueer : la querelle que je laissais de côté depuis très longtemps parce que… je ne lis (quasiment) pas de théâtre. Et à ma plus grande surprise, je n’ai eu aucune difficulté de lecture et j’ai passé un très bon moment, je l’ai dévoré en deux jours. En même temps, avec les éditions Gorge Bleue, difficile de se tromper. Puis est venu le tour de La fille qui n’aimait pas la foule, acheté au salon Estivales du livre de Montreux l’année dernière, parce que le titre m’avait interpelée (ah bon ?). J’ai passé le pire moment de ma vie. Je n’ai jamais détesté autant un narrateur et par extension un livre de toutes mes lectures. Je me suis forcée pour arriver à la fin et je l’ai refermé sans la moindre hésitation, dégoûtée par le ton bien macho du bouquin. J’ai pris ensuite, avec un peu d’appréhension, Monsieur Quincampoix (éditions Cousu Mouche once again), que j’avais déjà entamé une fois sans parvenir à la moitié. On retrouve un narrateur bien macho mais cette fois écrit par une femme, et son machisme est bien démontré comme étant ridicule. J’étais probablement dans un état d’esprit plus ouvert à ce genre d’humour cette fois-ci et surtout, rien ne pouvait être pire que ce que j’ai lu juste avant. J’ai donc finalement passé un bon moment en compagnie de Norbert, qui après sa mort se réincarne en chien et devient l’animal de compagnie de sa veuve. J’avais prévu de lire No-No-Yuri (après des années d’absence, la littérature japonaise fait son retour entre mes mains) durant les jours à venir mais je l’ai accidentellement (?) lu d’une traite ce matin. Il n’avait rien d’incroyable, pourtant impossible de le lâcher, j’avais envie de savoir où nous menait cette histoire, que j’imaginais très différente au vu du quatrième de couverture. J’ai envie de le qualifier de « sympa, sans plus » mais est-ce vraiment « sans plus » si j’ai eu le besoin de le dévorer si rapidement ? A méditer.

Pour l’heure, j’ai sorti La Ricarde de ma pile à lire, même autrice que Monsieur Quincampoix, aux éditions Cousu Mouche bien sûr.